Catégorie > Lettre et philosophie

Le point de vue de Platon sur la vertu et si elle peut être enseignée

Posté par Termita, mise à jour le 21/02/2024 à 15:35:20

Dans son ouvrage « Meno », Platon discute de la vertu humaine et de la question de savoir si elle nous est enseignée ou non. Structuré comme un dialogue entre Socrate et Ménon, Platon définit la vertu, ce que signifie être vertueux et comment la virtuosité est déterminée, à travers ces personnages. Alors que Ménon et Socrate discutent de leurs convictions sur la question de savoir si la vertu peut être enseignée ou non, le dialogue de Socrate est largement utilisé pour remettre en question et invalider les vues de Ménon sur la vertu. Le dialogue de Socrate, ou un type d'argumentation qui utilise la méthode des questions et réponses pour critiquer et discuter de problèmes classiques, moraux et philosophiques, est employé à plusieurs reprises par Socrate dans le Ménon de Platon. En utilisant cette technique, Socrate prouve non seulement qu’il n’y a pas de réponse tangible à la question « qu’est-ce que la vertu », mais il fait également la différence entre connaissance et croyance, termes qui étaient et sont toujours apparemment interchangeables.

Platon introduit d'abord la discussion sur la vertu, Ménon demandant à Socrate si la vertu peut être enseignée. Bien que Socrate soit incapable de répondre à Ménon, il affirme que personne ne sait vraiment ce qu'est la vertu ni si elle peut être enseignée. Meno entame alors le dialogue sur la différenciation de la vertu de l'homme et de la femme, dans une tentative d'expliquer que la vertu peut effectivement être enseignée. Meno persiste, affirmant que la vertu d'un homme se trouve dans la façon dont il se conduit et dans ses interactions avec les autres, tandis que la vertu d'une femme se trouve dans son obéissance et ses capacités domestiques. Dans sa réponse, Socrate est fermement en désaccord. Il n’existe pas d’échelle d’âge ou de sexe sur laquelle la vertu est mesurée, selon Socrate. La vertu doit être commune à tous, homme ou femme, jeune ou vieux, maître ou serviteur, et son application doit être universelle. Comme il le soutient, Socrate commence à souligner cette universalité de la vertu et comment elle pourrait être considérée comme une valeur inhérente que possèdent tous les humains, quel que soit leur statut ou leur place dans la société. Pour étayer son argument, Socrate fait référence au propriétaire d’esclaves et à l’esclave qui se sont rassemblés devant Ménon et lui-même. Selon Socrate, le fait que le propriétaire d’esclaves « gouverne bien » ne doit pas être considéré comme « une vertu d’esclave, car alors il ne serait pas un esclave ».

Meno reconnaît enfin que les vertus sont communes à tous et présente sa définition de la vertu, qui est de « désirer de belles choses et d'avoir le pouvoir de les acquérir ». Socrate n’est une fois de plus pas d’accord, affirmant que distinguer le bien du mal n’est pas une tâche facile. Dans son argument contre la définition de la vertu donnée par Meno, Socrate fait référence au climat social dans lequel lui et Meno vivent, pour prouver que peu d'entre eux sont capables de discerner le bien du mal. Socrate interroge également Ménon sur la question de savoir si les moyens justifient ou non l'acquisition de bonnes choses. Les bonnes choses ne devraient-elles pas être acquises avec vertu pour qu'elles soient considérées comme bonnes ? Bien que ni Socrate ni Ménon ne présentent une définition légitime de la vertu, les arguments de Socrate suggèrent que la « vertu » est un amalgame et non des vertus séparées comme le posait précédemment Ménon. Le plus frappant dans le « Ménon » de Platon est le « paradoxe du Ménon » : « Comment chercherez-vous quelque chose quand vous ne savez pas du tout ce que c'est ? » En réponse, Socrate explique que les âmes détiennent en elles la connaissance, indépendamment de ce que le corps sait ou a appris. Cela permet aux gens de simplement « se souvenir » de leurs connaissances innées, comme le prouve l’interrogatoire de Socrate sur le jeune esclave.

Le désaccord entre Ménon et Socrate sur la question de savoir si les sophistes ou les Athéniens sont ou non les « vrais professeurs de vertu » est également prédominant dans « Méno ». Socrate poursuit cette discussion en affirmant qu'il vaut « mieux savoir qu'on ne sait pas » que de revendiquer « audacieusement et grandiosement » la connaissance - une attaque contre les enseignants et les principes sophistes. Socrate intervient ensuite avec son opinion athénienne sur la distinction entre « vraie croyance » et « connaissance ». Selon Socrate, les vraies croyances sont très utiles, mais doivent être contenues afin de ne pas être considérées comme faisant partie de notre savoir acquis. Avec des explications parfois confuses, des remontrances aux principes sophistes et l'utilisation du dialogue de Socrate, Socrate réitère que la vertu est effectivement bonne, mais seulement lorsqu'elle est « dirigée par la sagesse ». Alors que l’échange entre Socrate et Ménon touche à sa fin, tous deux conviennent que la vertu ne s’enseigne pas et qu’elle est plutôt « un don des dieux ».



Ajouter une réponse

Votre message :

:

Votre prénom:

Votre email:

:



A voir aussi :

Les dernières discussions:



Qui est Réponse Rapide?

Réponse rapide est un site internet communautaire. Son objectif premier est de permettre à ses membres et visiteurs de poser leurs questions et d’avoir des réponses en si peu de temps.

Quelques avantages de réponse rapide :

Vous n’avez pas besoins d’être inscrit pour poser ou répondre aux questions.
Les réponses et les questions des visiteurs sont vérifiées avant leurs publications.
Parmi nos membres, des experts sont là pour répondre à vos questions.
Vous posez vos questions et vous recevez des réponses en si peu de temps.

Note :

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plus