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Exposé sur la liberté humaine chez Jean-Paul Sartre

Posté par Koffi Kouakou Michel, mise à jour le 02/12/2023 à 10:35:24

INTRODUCTION

Aristote disait : « l’homme est un animal politique », c’est-à-dire qu’il vit naturellement en société. Or cette société est régie par les lois, les règles, principes et prescriptions qui influence la vie de l’homme. Devant toutes ces réalités, la liberté de l’homme semble être confisquée. De nombreux auteurs se prononçant sur la question de la liberté humaine vont donc exprimer leur conception sur la question. Nous focaliserons cet exposé sur le point de vue de Jean Paul Sartre. Que conçoit Jean Paul Sartre sur le point de la liberté
Sa conception est elle compatible avec les autres conceptions
Ce sont ces questions qui nous guideront dans la résolution de cet exposé.


I. Définition de la notion de liberté
1. La conception rationaliste

C’est une doctrine qui attribue à la raison humaine la capacité de connaître et d’établir la vérité. Cette doctrine se décline en deux « sous-doctrine » :
- La raison est indépendante de l’expérience sensible (expérience issue de nos sens), la raison est alors innée ou a priori (vocable Kantien). Cette raison est immuable et égale chez tous les hommes. Notre raison dès notre naissance possède un certain nombre de notions ou d’idées. La doctrine de Platon avec sa théorie des Idées ou celle de Descartes et des idées innées.
- La Raison est la seule autorité pour accéder à la connaissance. Les sentiments, les sens sont rejetés, ils ne nous permettent pas d’accéder la véritable connaissance, la vérité.
Il existe après des nuances comme avec Kant ou la raison à un pouvoir limité, même si elle est essentielle elle ne peut se passer de l’expérience. La raison apporte la forme de la connaissance, l’expérience la matière.
Ce qu’il faut retenir c’est cette relation privilégiée entre la raison et la connaissance. C’est un outil plus ou moins important pour atteindre cette connaissance, cette vérité. Pour certains c’est le seul outil, la raison possède même de manière innée des données, pour d’autre elle doit être accompagnée par notre expérience, par nos sens.

2. Les différentes formes de liberté

(Général) État de non contrainte, pouvoir d’agir sans contraintes.
(Général) Pouvoir d’agir sans contraintes étrangères ou extérieures.
(Métaphysique) Pouvoir propre à l’homme d’être cause première de ses actes et de choisir entre bien et mal.
(Métaphysique) Pouvoir d’être cause première d’un acte, d’initier une chaîne causale.
(Métaphysique) Corrélat psychique des pouvoirs précédents (3) & (4).
(Politique) Condition de l’homme qui n’est pas esclave.
(Politique) Possibilité d’action reconnue à un individu par la loi.
(Politique) Condition d’un pays indépendant des autres, établit en souverain.
(Politique) Peuple, pays, ou nation qui a adopté la démocratie libérale.

II. La conception de la liberté selon Sartre
1- La philosophie de Sartre sur la liberté

Être libre, chez Sartre, c’est se jeter dans le monde, de se perdre en lui pour tenter de le modifier, d’agir sur lui.
La liberté est un néant au sein de la réalité-humaine (Etre pour soi). Ce néant qu’est l’homme sous-tend un inaccomplissement : l’homme est toujours à faire. La liberté est absolue, dans la mesure où c’est elle qui décide du sens à donner aux contraintes.
La liberté n’est bien sûr pas un caprice, l’acte résulte d’un projet, du choix que l’homme fait de lui-même. Pourtant la volonté n’est pas une faculté toute-puissante, la volonté n’a de sens que dans le projet originel d’une liberté toujours intentionnelle.
La liberté permet à la conscience de se libérer de la facticité. La liberté n’est pas un simple attribut de l’homme, la liberté fonde le monde, le façonne.

2- L’existence et la liberté chez Sartre

La création humaine est, en effet, libre. Chez Sartre, j’existe et je suis libre, sont deux propositions rigoureusement synonyme et équivalentes.
– qu’est ce qu’exister dans le vocabulaire sartrien ?
► Exister, c’est être là, et dans un univers absurde et contingent, se construire et imprimer sa marque sur les choses.
► Il n’y a pas d’essence humaine figée et préétablie, essence qui précéderait l’existence.
► L’homme surgit dans le monde et il y dessine sa figure
– Mais comment cette équivalence de l’existence et de la liberté est-elle possible ?
► La liberté humaine désigne, chez Sartre, cette possibilité qui nous est donnée de mettre à distance, à tout instant, la chaîne infinie des causes.
► La liberté est ce pouvoir que détient, en permanence, la conscience de néantiser, c’est-à-dire de faire apparaître le néant sur tout fond de réalité, de pulvériser les diverses déterminations, motifs ou mobiles, de choisir – l’idée de choix se définissant, au fond, chez lui, par celle de conscience.
► La possibilité de dire « oui » ou « non », de choisir, ne se distingue guère, dans ces conditions, de la conscience, de la saisie de nous-mêmes, au-delà de tout motif et de tout mobile.
Cette liberté, nous l’expérimentons tous dans l’angoisse, véritable sentiment métaphysique qui nous révèle notre totale liberté, saisie réflexive où la conscience est prise de vertige devant elle-même et ses infinis pouvoirs.
– L’angoisse désigne donc ce saisissement de la conscience devant elle-même, ce sentiment vertigineux des possibles.
– Bien entendu, la conscience peut choisir en feignant de ne pas être libre : ce mensonge à soi et sur soi, où je lutte contre l’angoisse, où je me cache ma liberté porte un nom, c’est la mauvaise foi.
► Est de mauvaise foi, la conscience qui pratique le mensonge à soi-même, pour échapper à l’angoisse et à la difficulté de la liberté, qui se rend aveugle à son infinie liberté.
► La mauvaise foi et l’esprit de sérieux menacent sans cesse la conscience.
► Si la mauvaise foi désigne, en effet, ce mensonge à soi même, par lequel la conscience s’efforce de fuir sa liberté et son angoisse, l’esprit de sérieux peut, lui aussi, nous « pétrifier ».
► En quoi consiste-t-il ? en cette attitude par laquelle, bannissant l’inquiétude et l’angoisse, nous préférons nous définir à partir de l’objet :
L’esprit de sérieux considère que les valeurs sont données et non pas créées, qu’elles sont indépendantes de la subjectivité humaine
Les valeurs seraient dans le monde, avant l’homme ; ce dernier n’aurait qu’à les cueillir.
Mauvaise foi et esprit de sérieux : autant de fuites devant notre infinie liberté.
► C’est dans cette perspective qu’il faut définir le salaud, au sens sartrien du terme, comme celui qui, par mauvaise foi, se dissimule le caractère gratuit et injustifiable de l’existence :
Le salaud considère son existence comme nécessaire alors que toute existence est injustifiée et gratuite
Toutes ces analyses sur l’angoisse, la liberté et la mauvaise foi renvoient au mode d’être de l’existant humain, ce pour-soi qui s’oppose en tout point à l’en-soi :
– Alors que l’en-soi constitue une plénitude d’être (il désigne les choses qui sont ce qu’elles sont, dépourvues de conscience)…
– le pour-soi représente la manière d’être d’un existant qui jamais ne coïncide avec lui-même.
► Échappement permanent à lui-même, il n’est jamais tout à fait soi.
► Sans arrêt, il se sépare de lui-même.
– Alors que l’en-soi est opaque à lui-même, rempli de lui-même…
– le pour-soi est le mode d’être d’une conscience qui s’évanouit perpétuellement, simple mouvement de transcendance vers les choses.
La conscience n’est rien d’autre que le dehors d’elle-même et c’est cette fuite absolue, ce « refus d’être substance » qui la constituent comme conscience.
Ainsi, le pour-soi est un être qui se caractérise comme mouvement et projet d’être. Cette notion de projet est, en effet, centrale :
– Nous existons comme projets ;
– Nous nous jetons perpétuellement en avant de nous-mêmes, vers l’avenir, vers ce qui n’est pas encore.
– Le projet (du verbe prolifère, jeter au loin) est cet acte par lequel nous tendons, de toute notre liberté, vers le futur et les possibles.


I. Les autres conceptions de la liberté
1- Citations de Sartre

Sartre et la liberté :
– “L’homme est condamné à être libre“
– “L’angoisse est le vertige de la liberté”

– “Seuls les actes décident de ce qu’on a voulu”
– “On peut toujours faire quelque chose de ce qu’on a fait de nous”
– “Ne pas choisir, c’est encore choisir”
– “L’homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait”
– “Choix et conscience sont une seule et même chose”
– “Chaque homme doit inventer son chemin”
– “En fait, nous sommes une liberté qui choisit, mais nous ne choisissons pas d’être libres : nous sommes condamnés à la liberté”
– “Je construis l’universel en me choisissant ; je le construis en comprenant le projet de tout autre homme, de quelque époque qu’il soit”
– “Etre condamné à être libre, cela signifie qu’on ne saurait trouver à ma liberté d’autres limites qu’elle-même”
– “C’est dans l’échec que l’on doit agir”
– “Agir, c’est modifier la figure du monde”

2- Quelques citations

Liberté et sécurité sont les fins de l'Etat " Hobbes
"La liberté est le but de l’Etat." Spinoza
"L'Etat reconcilie les intérêts particuliers avec sa propre vocation universelle" Hegel
"Par la philosophie le pouvoir politique sera juste" Platon
"La démocratie régime le plus naturel" Montesquieu
"La souveraineté est l'exercice de la volonté générale qui fonde société et Etat" Rousseau
"L'Etat détruit les peuples" Nie
Si la liberté est la plus noble conquête du citoyen, la femme est la plus belle conquête de l'homme conquis par elle.
Citation de Pierre Dac ; Les pensées (1972).
Si le bénéfice de la liberté n'était accordé qu'à ceux qui la méritent vraiment, il n'y aurait pas tellement d'hommes pour en jouir pleinement.
Citation de Pierre Dac ; Les pensées (1972)
Le libre citoyen à part entière est celui qui respecte la liberté de ceux qui ont l'obligeance de respecter la sienne.
Citation de Pierre Dac ; Les pensées (1972)
Que demanderait-on au monde ? Un peu d'argent et la liberté. Le malheur est qu'il ne peut pas vous donner ensemble l'un et l'autre, et que l'un est trop souvent le prix de l'autre.
Citation de Pierre Reverdy ; Le livre de mon bord (1948)
Il faut accorder à la femme toute la liberté, toutes les libertés qu'exigent sa nature, son intelligence et ses facultés, une liberté si grande que les hommes, en qui elle n'admire, en général, que la force, seraient eux-mêmes, enfin, délivrés.
Citation de Pierre Reverdy ; Le livre de mon bord (1948).


CONCLUSION
Ainsi sommes-nous totalement libres et totalement responsables : la responsabilité représente, chez Sartre, cette prise en charge totale de son destin par l’existant humain qui crée sa nature et crée le monde. Mais, en cette invention et ce jaillissement permanents que représente la liberté du pour-soi, je semble constamment sous une menace, celle qui nait de la présence et du surgissement d’Autrui dans le monde.



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